
« Quand je suis en uniforme, je n’ai aucune religion, je n’ai aucune appartenance ethnique, je n’ai aucune politique, je n’ai… pas de sexe. Donc pour moi la religion…la question ne se pose pas quand je suis en tenue. »(Siham)
« Quand on rentre chez nous, on a nos parents, on a aussi nos origines, nos coutumes. On vit tous les jours entre nos convictions de travailler pour la Loi, pour l’Etat, et les convictions de nos origines.
Moi j’ai vécu dans un petit quartier, je voyais tout mes potes qui dealaient, qui devenaient délinquants, et moi j’étudiais pour devenir policier. Et parfois je les revois,
on fait un tour de nos vies, et contrairement à ce que l’on pourrait penser ils sont très fiers de moi. »
(Moustapha)
Siham, Moustapha, Kahouter, Karim, Sidi-Jaffar, la vingtaine, sont gardiens de la paix dans un quartier chaud parisien.
Musulmans pratiquants ou non, baignés dans la “bonne culture du pays” ou éloignés de leurs coutumes d’origine, ils semblent vivre sereinement leur identité mixée entre la France et le Maghreb.
Mais souvent, au cours des interventions quotidiennes d’un simple flic, on leur renvoie à la figure leur “traîtrise” vis-à-vis de leur milieu d’origine, et sous le regard des collègues, ils doivent
choisir leur camp.
Quant aux femmes d’origine arabe, c’est quelquefois une revanche d’arrêter un délinquant qui vous a traitée de “chiennasse” et qui refuse d’être contrôlé par une femme.
Arrivé à maturité, Reda Terki, chef de Brigade Anti-Criminalité, semble jouer de toutes ses cartes au lieu de les subir.
Notre équipe a suivi pendant quelques semaines ces policiers pour comprendre leurs choix et partager leur quotidien.
