LE MESSIE film de 135' de william klein. sortie salles le 22 décembre 1999

Tout le monde connaît l'oratorio
de Haendel,
ici on découvre le Messie de William Klein.
L'oratorio est
une institution aux Etats-Unis,
où innombrables sont les choeurs qui
le chantent.
La caméra de Klein va les chercher partout,
dans les lieux
les plus improbables : à Times
Square, où se réunit le
choeur homosexuel et
multiracial de NY, dans une prison de Sugarland,
Texas,
où les prisonniers entonnent "Un enfant est
né, un fils
nous est donné", ou encore à Las Vegas,
au milieu du nulle
part des salles de jeux.
C'est ensuite une manière de visiter le monde,
notre monde en cette fin
du XXème siècle.
C'est une société pétrie
de religion que montre Klein,
explorateur des multiples territoires de la foi,
de ses grands et petits commerces.
Où l'on se surprend à penser à la
prédiction
d'André Malraux : le XXIème siècle sera
religieux
ou ne sera pas…
Les plans sont somptueux. On entre de plein pied
dans l'univers de Haendel et
on comprend la force
de son texte lorsque l'image, en accéléré,
ne
nous montre plus qu'une société atomisée
vivant à toute
vitesse. Au loin, la ville scintille.
De près, la caméra panote
pour nous faire découvrir
le caractère dévasté des
quartiers des laissers pour
compte du rêve américain. Splendeur
et déshonneur
d'un monde qui laisse ses enfants fouiller dans les
décharges
publiques pour trouver de quoi se nourrir.
- Mais, est-ce ainsi que vivent les hommes ?
- Si Dieu est avec nous, qui peut être contre nous ?
Tout au long du film, le spectateur est convié
au jeu
des interprétations.
Ainsi, le travail d'assemblage
d'une voiture en accéléré rappelle
qu'ici on travaille
encore à la chaîne, alors qu'ailleurs on manifeste
contre le chômage et on pleure de misère.
La caméra de Klein
multiplie les représentations,
les situations et les associations libres
tandis que
la musique suit sa partition sous la baguette divine
de Marc Minkowsky.
Désormais, il sera difficile d'écouter l'oratorio
sans y voir les
grandeurs et décadences
de notre siècle…
/
presse:: La turbulence des images
scande impeccablement
le tourbillon des voix, les brouillements des
rythmes de Haendel, dont Minkowski, survolte
la joie. Klein nous rappelle
son premier métier,
photographe. Rarement visages de chanteurs
ont avoué d'aussi
près leur concentration, leur
envoûtement, jusqu'à la
dépossession de
soi-même, par l'émotion musicale. Et
la passion
du Christ nous bouleverse. Le Messie accomplit
encore des miracles.
Télérama
:: Magnifiquement humain. Le
cinéaste réussit à
glorifier l'homme tout en mettant en
lumière
l'isolement la désolation, la folie du fanatisme,
la
perdition dans les villes...
Le Point
:: L'œuvre est sombre,
mais pleine d'une pudique
humanité. On a souvent
la gorge nouée, le cœur
serré.
La Croix
/ générique
Un film de William Klein
Produit par Michel Rotman et Marie Hélène Ranc
Photographies William Klein, Jacques Brissot
Musique Le Messie de Haendel
Interprêtée par Les Musiciens du Louvre
Direction musicale Mark Minkowski
Image William Klein, Francine Filatriau, Pascal Marti
Montage image Françoise Arnaud, Frédéric Attal
Montage son Frédéric Attal
Montage musique Deutsch Grammophon
Avec la participation de Canal+
© Kuiv Productions 1999