ROMAN KARMEN documentaire de 90' de patrick barberis et dominique chapuis

“De tous les arts, le cinéma est
pour
nous le plus important” disait Lénine.
Roman Karmen,
ambassadeur non officiel de
la cause soviétique,
s’est conformé toute sa vie à
cette
maxime.
Qui est Roman Karmen : officier, propagandiste,
cinéaste ? Au service
du régime soviétique, il est
correspondant de guerre de presse
filmée en
Espagne en 1936, envoyé spécial en Chine en
1938 pendant la guerre sino-japonaise, mobilisé
dans l’Armée
rouge pendant la Seconde Guerre
mondiale, responsable de la délégation
soviétique
à Nuremberg.
Il passe du ciné-journalisme à la
mise
en scène et vice versa, n’hésitant pas à
reconstituer
des événements majeurs
non filmés tels que la
bataille
de Stalingrad.
À partir des années 50,
il se fait l’ambassadeur
itinérant des révolutions
socialistes… Il est un
personnage
complexe,
multiple, qui ne regarde
que ce qu’il veut
montrer,
partant
du principe
qu’il n’existe pas
de vérité
au cinéma.
En relatant le parcours hors du commun de Karmen,
ce documentaire s’intéresse à la fonction
de l’image
ou, plus exactement, à la manipulation de celle-ci.
Une image comporte toujours une signature,
ne serait-ce qu’à travers
le point de vue choisi ;
il faut la façonner, la construire avant de
l’enregistrer. Roman Karmen, qui le sait, place
le spectateur au cœur
même des combats, aussi bien
dans ses “fictions” ou films
journalistiques tournés
après coup que dans ses documentaires
de guerre.
Karmen n’est pas à l’abri de clichés, nourris de
ses
idéaux politiques. Fidèle défenseur du socialisme,
il est de tous les combats, avec sa caméra pour
arme : il encense les
héros soviétiques du travail
à l’usine, filme les
grands symboles du socialisme
comme l’alphabétisation à Cuba,
dresse le portrait
de Mao, encore inconnu, en train de lire Staline,
et ignore
délibérément la terreur qui gagne son
pays en livrant
des images de voiliers et de
bien-être en pleine période de goulag…
/
presse:: Ce film est d'abord
un condensé fulgurant des enfers
du XXe siècle. Monstrueuse
et désespérante litanie
d'atrocités, perpétrées
au nom des nations et des
luttes idéologiques.
La saga de Karmen, telle que
rapportée par Patrick Barberis
tient presque du
phénomène d'illusion. Tant ce documentaire,
remarquable à plus
d'un titre, massacre précisément
et preuves à l'appui la
notion de vérité objective.
Le Monde
:: Ce documentaire, qui embrasse
une grande partie
de l'histoire tourmentée du siècle dernier,
abonde
d'images, toutes tournées par Karmen. Il est servi
en outre
par un commentaire habile.
Libération
:: L'évènementiel
est d'une richesse inouïe, mais
le plus intéressant réside
sans doute dans
l'interrogation toujours sous-jacente sur l'image,
sa construction
et sa part de subjectivité.
Télé Loisirs
/ générique
Un documentaire de
Patrick Barbéris
et
Dominique Chapuis
Produit par
Michel Rotman et
Marie Hélène Ranc
Montage
Françoise Bernard,
Paul Morris
Musique originale
Jean Pierre Drouet
Avec la participation de
Arte France
© Kuiv Productions 2002