APRÈS LA SORTIE
Le cinéma occupe la première place parmi les pratiques culturelles des Français. Semaine après semaine, les résultats des films en salles sont un formidable révélateur de l’époque.
S’ils reflètent d’abord les goûts des spectateurs, les « entrées » nous renseignent aussi sur l’état des mœurs, et l’inconscient collectif.
A l’opposé de la promotion, Après la sortie décrypte les raisons qui décident de la carrière des films, en se situant du point de vue du spectateur.
Présentée par Ruth Elkrief, qui pour la première fois met sa compétence au service du cinéma, Après la sortie revient chaque semaine sur deux films, déjà sortis dans les salles, et tente d’approfondir le désir du public en confrontant les différents responsables de la fabrication d’un film : cinéaste, scénariste, producteur, distributeur, exploitant, mais aussi le Box-Office…
Les succès et les échecs sont analysés avec des chroniqueurs réguliers, dont Marie-Claude Arbaudie, rédactrice en chef du Film Français qui établi un état des lieux du cinéma.
Enfin, une revue de presse de la critique d’Ariel Wizman, ainsi qu’une rubrique sur les sorties de la semaine complètent ce tour d’horizon du cinéma tel qu’on le consomme.
/ presse
On doit une des bonnes surprises de cette rentrée télévisée à une émission traitant de l’actualité du cinéma. Réussissant à éviter le piège habituel de la promotion, Après la sortie est un magazine de 52′ bien rythmé et intéressant.
Le Monde Télévision
/ générique
Présenté par Ruth Elkrief
Avec la participation de Ariel Wizman et Marie-Claude Arbaudie
Produit par Michel Rotman et Marie Hélène Ranc
Rédacteur en chef Anne Andreux
Rédacteur en chef Adjoint Laurence Gavron
Coordination éditoriale Hélène Hadas-Lebel
Réalisation Elisabeth Preschey
Direction de production Mark Edwards
avec la participation de France 5
© KUIV PRODUCTIONS – 2001
ARTHUR SCHNITZLER
En 1895, Vienne, bastion du libéralisme par excellence, fut balayée par un raz de marée chrétien social. La politique du parti vainqueur combinait tout ce que les libéraux bon teint avaient en horreur : l’antisémitisme, le cléricalisme et le socialisme municipal.
Cette défaite eut de profondes répercussions psychologiques : plus que la décadence du libéralisme, c’est son impuissance qu’elle marquait. Comme l’action dans la cité s’avérait de plus en plus vaine, pour ces libéraux déçus, l’art devint un substitut, presque une religion où puiser un sens à la vie, où trouver les nourritures spirituelles.
Alors de derrière le masque des valses de Vienne sirupeuses et hypocrites surgirent les sons dissonants de Schoenberg, la sensualité des tableaux de Klimt, puis le dénuement cru de Schiele, la pénombre des âmes de Schnitzler…
Fils d’un laryngologue réputé, Schnitzler, malgré ses penchants dès l’enfance pour l’art dramatique, devient médecin selon les volontés de son père, mais s’intéresse particulièrement aux maladies mentales. Il devient un expert en hypnotisme à des fins cliniques. Schnitzler, qui ose parler librement des femmes, de la sexualité, de l’antisémitisme, de l’honneur de l’armée et de son hypocrisie, des fantasmes de l’inconscient, de la pénombre des âmes, et cela avec une telle lucidité, déroute une société viennoise brillante, légère, frivole, qui dissimulait adroitement misère et mensonges sous les strass et les rires, parce qu’il lui renvoie sa propre image.
Mieux qu’aucun autre, il a su décrire, avec une grande lucidité, la matrice sociale dans laquelle prirent forme nombre des composantes de la subjectivité du XXème siècle : la culture morale et esthétique moribonde de la Vienne fin de siècle. Schnitzler est l’auteur par excellence du passage d’un monde à l’autre, de celui du XIXème, qu’il décrit de façon satyrique avec ses hypocrisies et ses masques, à celui du XXème, qu’il annonce avec toute sa modernité, le monde où les instincts et l’inconscient trouveront leur place.
/ générique
Un documentaire d’ André Moraccini
Produit par Michel Rotman et Marie Hélène Ranc
Montage Dominique Roy
Image Dan Barcea , Stéphane Carbon
Son Michael Spitzl
Musique originale Richard Bois
Avec la participation de France 3
© Kuiv Productions 2000
NIJINSKI, UNE ÂME EN EXIL
Le 8 avril 1950, à Londres, à l’âge de soixante ans, s’éteignait celui que le monde avait surnommé le dieu de la danse. Danseur et chorégraphe de génie, Vaslav Nijinski est reconnu aujourd’hui comme l’un des pères de la danse moderne occidentale.
L’Après-midi d’un faune, chorégraphie de Nijinski datant de 1912 est toujours inscrit au répertoire des plus grandes compagnies de danse du monde entier. Le Sacre du printemps, en 1913, dont la chorégraphie est aujourd’hui perdue, a inspiré quelques uns des créateurs les plus importants du XXème siècle : Maurice Béjart, Pina Bausch, Glenn Tetley, Mats Eks, pour ne citer que ceux-là, ont donné leur propre version de ce chef-d’oeuvre musical et chorégraphique.
C’est dire que l’héritage artistique laissé par Vaslav Nijinski ne cesse d’inspirer danseurs, chorégraphes et chercheurs.
– Que sait-on de l’homme derrière le mythe ?
– De ses relations avec Diaghilev, son amant, pygmalion, imprésario ?
– Des circonstances exactes de son mariage avec Romola de Pulzki, la future éditrice des Cahiers ?
– De ses tendances au mysticisme et de son mariage avec Dieu le 19 janvier 1919 ?
– Que sait-on de la moitié de sa vie passée d’asile en asile ?
Ce documentaire se propose de mettre en lumière le témoignage de ce que l’homme et l’artiste ont voulu laisser à l’humanité, une recherche de l’amour humain, spirituel et religieux, avant de faire naufrage dans la folie.
/ presse
:: Vaslav Nijinski, une âme en exil retrace avec une subtilité et une tenue impeccable ce destin exceptionnel. Le Monde
:: Vaslav Nijinski, une âme en exil est un portrait touchant du danseur et de son époque. Libération
:: Avec infiniment de délicatesse, Elisabeth Kapnist fait la lumière sur la souffrance de ce génie. Un documentaire indispensable. Le Parisien
:: Le film réalisé par Elisabeth Kapnist est un témoignage sensible sur ce danseur et chorégraphe qui allait révolutionner son art. La Vie
:: Ce que le documentaire a de particulièrement beau, d’unique et de boulversant, c’est qu’il fait parfois voir des photographies. On a tout perdu, aujourd’hui, de ce qui faisait l’art de Vaslav Nijinski. Télé Temps
/ générique
Un documentaire d’ Elisabeth Kapnist et Christian Dumais-Lwovski
Produit par Michel Rotman et Marie Hélène Ranc
Avec la participation de Tamara Nijinski, Kader Belarbi et John Neumeier
Image Ned Burgess , Frédéric Variot
Son Benoit Canu, Antoine Rodet, Rusty Dogan
Musique originale Richard Bois
Effets spéciaux Jacques Jeangérard
Avec la participation de La Sept Arte
© Kuiv Productions 2000
FRANÇOIS MITTERRAND OU LE ROMAN DU POUVOIR
Par la longévité de sa carrière politique qui traverse deux républiques, par la conquête du pouvoir suprême qu’il a exercé pendant quatorze années, par le magistère à la tête de la gauche, le destin politique de François Mitterrand est exceptionnel.
Raconter cette vie d’un Français hors du commun, c’est plonger dans l’inconscient collectif français, retrouver le plus petit dénominateur commun des idées, des engagements, et des pulsions hexagonales qui ont façonné notre temps. Faire le portrait autobiographique de Mitterrand, c’est tendre le miroir sans tain à la mémoire française.
Pendant 14 ans, François Mitterrand a été au centre de la scène internationale en compagnie de trois présidents américain, Reagan, Bush, Clinton, de Gorbatchev et bien d’autres. Européen convaincu, il a formé avec son ami Kohl, un tandem décisif pour faire progresser la constitution européenne, notamment au moment de la chute du mur.
Ce film porte en lui l’ambition d’être autre chose que le simple récit d’une carrière aussi étonnante soit-elle. Aller au delà ou plutôt en dedans de l’homme public, cerner les vérités d’un personnage, traquer les lignes de force, les boussoles intimes, bref : comprendre l’homme plus que raconter un parcours d’obstacles à travers un demi-siècle d’histoire française. Il va de soi, que les grandes étapes de celle-ci sont évoquées, les jours sombres comme les soirs de victoire, les grandes réalisations comme les sanglants échecs.
Nomination aux 7 d’Or.
/ presse
:: On regarde ces quatre heures de films, venant après tant d’autres, avec une curiosité intacte. C’est là le mérite principal de J.Lacouture et P.Rotman, c’est d’avoir su restituer, visuellement, la trame d’un paradoxe. A mesure que s’empilent témoignages et
images d’archives, à mesure que s’additionnent les commentaires, à mesure que l’on avance, épisode après épisode, dans la biographie de Mitterrand, le mystère demeure, il s’epaissit. Télé Obs
:: En tout cas, Lacouture et Rotman ont superbement démontré qu’il existait encore, dans ce drôle de pays qui est le nôtre, un journalisme n’ayant nul besoin de parer des plumes de paon de « l’investigation » pour faire magnifiquement un travail de recherche et d’explication.
France Soir
:: P.Rotman, avec le concours de J.Lacouture, a réalisé un travail exceptionnel pour retracer le roman du pouvoir de Mitterrand. Le Figaro
:: Très fouillé et vivant, jamais ennuyeux, bourré d’images explicites et de mise en parallèle d’évènements historiques, François Mitterrand, le roman du pouvoir est un documentaire passionnant. Broadcast
:: Document exceptionnel ! Le Monde
:: Un travail remarquable. Télérama
/ générique
Un film de Patrick Rotman
Avec le concours de Jean Lacouture
Produit par Michel Rotman
Producteur associé Michel Field
Montage David Korn Brzoza
Documentaliste Marie Hélène Barbéris
© KUIV Productions – France 3 – Field Compagnie 2000
ép. 1 : Les années d’apprentissage 1916-1958
ép. 2 : Le conquérant 1958-1981
ép. 3 : Les illusions perdues 1981-1988
ép. 4 : Splendeur et misère du pouvoir 1988-1996
HISTOIRES D’ÎLES
Cette série fait le portrait de 24 îles du monde entier en allant à la rencontre de ceux qui les habitent.
Qu’ils soient pêcheurs, artisans, restaurateurs, entrepreneurs, tous ceux qui participent à la vie de ces îles sont les acteurs de cette série.
Au travers de leurs histoires et de leurs activités, c’est leur île qu’ils racontent en nous les faisant découvrir sous des aspects différents de ceux que l’on connaît, loin des images de carte postale.
Cette invitation à découvrir une île, c’est avant tout une invitation à rencontrer des hommes et des femmes enracinés dans leur culture. En évitant un traitement trop proche du catalogue de vacances, la série se veut être le reflet exact de la vie telle qu’elle se déroule sur le site. Avec au programme :
Marie-Galante, Réunion, Ile Maurice,
Guadeloupe, Seychelles, Mayotte,
Lofoten, Capri, Sardaigne, Madère,
Açores, Grande, Canarie, Lanzarotte,
Corse, Tahiti, Marquises, Rhodes,
Crétes, Croatie, Singapour,
Saint-Martin, Bretagne, Cuba.
/ générique
Ecrit et réalisé par Pascal Sarragot et Salvador Guadagnigno
Commentaire Pascal Sarragot
Produit par Michel Rotman et Marie Hélène Ranc
Image et montage Salvatore Guadagnigno
Infographie Jacques Jeangérard
© Kuiv Productions, TV5 – 2000
ABSOLUMENT CINÉMA
Un 26 minutes, tout en images, composé de 5 rubriques :
Le chassé-croisé
Cette rubrique s’interroge sur le traitement d’une thématique dans l’histoire du cinéma, à l’occasion de la sortie d’un film.
Le face-à-face
C’est la rencontre entre deux personnalités appréciées du public, dont une avec une actualité cinématographique. Plus qu’une interview croisée, c’est une véritable discussion qui s’opère.
Subjectif
Une personnalité n’appartenant pas au monde du cinéma, est interrogée sur ses goûts cinématographiques, ou sur son éventuelle cinéphilie.
L’affaire de plan
Un réalisateur analyse pour l’émission une séquence d’un de ses films.
Le Making-of
On découvre les coulisses d’un tournage, en essayant à cette occasion d’expliquer un des métiers du cinéma.
Nomination aux 7 d’Or
/ presse
:: Le 7 eme art a retrouvé sa dignité artistique sur le petit
écran. Dès le premier numéro (et c’est une prouesse à
saluer) le ton est donné, l’originalité évidente.
Les Inrockuptibles
:: En reliant les sorties en salles à l’histoire du 7éme art,
ce magazine nous fait aimer le cinéma. Télérama
:: Enfin un vrai magazine de cinéma à la télé ! Humanité
:: Ce magazine est dans la lignée du glorieux Cinéma,
Cinéma. Du haut niveau, on vous dit. Libération
:: Une vraie émission de cinéma enfin sur nos écrans.
Un gros travail de préparation qui nous change de la
sempiternelle question « Alors, comment s’est passé le
tournage ? ». France Soir
:: Du ciné à la télé sans blabla. A voir ! Marianne
:: Enfin un magazine de cinéma digne de ce nom,
la meilleure émission jamais créée sur le sujet.
Marie-Claire
/ générique
Rédacteur en chef Anne Andreu
Rédacteur en chef Adjoint Laurence Gavron
Réalisation Elisabeth Preschey
Produit par Michel Rotman et Marie Hélène Ranc
Direction de production Mark Edwards
© Kuiv Productions – La Cinquième 2000
VIVRE APRES, PAROLES DE FEMMES
Sedina, Jasmina, Senada, trois femmes, trois jeunes villageoises européennes.
Au cours de la guerre de Bosnie (1992 – 1995), leur univers s’est effondré. Leur mari, plusieurs dizaines d’hommes de la famille, disparus. Maison, terre, village, pays, emportés dans la tourmente. Le cours de la vie lui-même, comme arrêté.
En août 1998, pourtant, elles emménagent à l’association Vive Zene à Tuzla (Bosnie).
Elles y entreprennent pour un an une sychothérapie et entament ainsi un processus vital pour se reconstruire, redevenir actrices de leur destin, sortir de la prostration.
Ce documentaire accompagne de l’intérieur chacune des étapes pendant dix mois : choix des patientes par les thérapeutes, leur installation en communauté, découverte, apprentissage et mise en œuvre de la thérapie, préparation au retour à la vie dans la société.
VIVRE APRES, PAROLES DE FEMMES, tient la chronique de cette tentative de survie.
Témoin d’une histoire universelle, le film se fait l’écho de bien d’autres tragédies, passées ou en cours, et renvoie chacun à ses propre interrogations sur le deuil, l’amour et la vie.
Ce film a été sélectionné à une trentaine de festivals et plusieurs fois primé, notamment au Festival International du Film de Berlin où il a reçu le Prix du film de la Paix.
/ presse
:: En plantant sa caméra dans la maison de Tuzla, où l’on panse la mémoire encore à vif de ces femmes, il ne se contente pas de faire oeuvre d’historien. De briser le silence qui s’abat sur les victimes quand les armes se sont tues et que les télévisions ont plié bagage. Il nous offre une saisissante chronique de la renaissance. Tout en sobriété et en retenue. Il nous parle de la guerre,
et touche le nerf de la vie. Ces témoignages relatent, avec pudeur et force, l’histoire d’une tentative de survie. On ne revient pas indemne de la Bosnie. C’est pour cela que Laurent Bécue-Renard a réalisé Vivre Après. Il fallait à ce jeune homme, un brin timide, un sacré culot : il n’avait jamais fait de film. Certaines images sont pleines de tendresse. Ce film est d’une force exceptionnelle, d’une rare qualité. Télérama
:: Premier film et oeuvre remarquable de Laurent
Bécue-Renard. Le Monde
/ générique
Un film de Laurent Bécue-Renard
Avec la collaboration de Virginie Linhart
Produit par Michel Rotman et Marie Hélène Ranc
Montage Charlotte Boigeol
Images Fikreta Ahmetovic, Camille Cottagnoud
Avec la participation de Canal+
© Kuiv Productions
LE TRAVAIL DANS LA BALANCE
Aux Prud’hommes, pas de classe dominante, ni de classe dominée. Logique de salarié et logique d’employeur coexistent sur un pied d’égalité mathématique : comme 2 et 2 font 4 juges, employés et patrons ordinaires, arbitrent paritairement les conflits du travail. Ces meilleurs « ennemis » du monde s’échappent quelques jours par mois de leur entreprise pour juger les relations conflictuelles de leurs semblables.
A Paris, des couloirs à l’accueil, plaignants et chefs d’entreprise se croisent, s’affrontent, ou se réconcilient. A Beauvais, Bobigny et Marseille, les audiences se suivent mais ne se ressemblent pas…
Cristallisant les tensions d’un monde de l’entreprise toujours en mouvement, ces tribunaux spécifiques sont un baromètre social particulièrement révélateur
/ presse
:: Les deux réalisateurs ont tenté et y sont parvenus,
de montrer les coulisses d’une des institutions
judiciaires les plus célèbres et néanmoins peu
connue des Français. Monté de façon classique
et méticuleuse, ce documentaire fait coup double.
Il expose simplement, avec un didactisme de bon
aloi, la mécanique de cette étonnante machine
judiciaire. Le Figaro
:: Voilà un document exceptionnel !
L’Express
:: Un film indispensable. Libération
:: Très instructif. Télé 7 Jours
/ générique
Un film de Virginie Linhart et Eric Moutet
Produit par Michel Rotman et Marie Hélène Ranc
Montage David Korn Brzoza
Images Jacques Jeangérard, Sivia Calle
Jean-Michel Papazian,
Avec la participation de France 2
© Kuiv Productions – 2000
ARLETTE & ALAIN, TROTSKYSTES A SUCCÈS
1974 : la France élit son Président de la République.
Lui, c’est Alain Krivine, candidat de la Ligue communiste révolutionnaire, une petite organisation trotskyste. L’ancien leader du mouvement de Mai 68, avec Daniel Cohn-Bendit, obtient alors un score symbolique : 0,36 % des voix.
Elle, c’est Arlette Laguiller, candidate de Lutte ouvrière, une autre organisation trotskyste. Employée et syndicaliste dans une grande banque, elle est la première femme à se présenter à une élection présidentielle en France et rassemble 2 % des suffrages.
En 1974, l’extrême-gauche reste marginale sur le plan électoral. 25 ans après, Arlette Laguillerest toujours là, et le facteur Olivier Besancenot a remplacé Alain Krivine. Leur liste commune en vue des régionales de 2004 fait plus que jamais peur à la gauche gouvernante et a bien failli créer la surprise…
– Comment expliquer cette progression électorale inattendue?
– Qui sont les électeurs de l’extrême-gauche ?
– Pourquoi, aujourd’hui en France, vote-t-on Arlette et Alain ?
/ générique
Un reportage de Denis Pingaud
Produit par Michel Rotman et Marie Hélène Ranc
Montage David Korn-Brzoza
Images Jacques Jeangérard
Son Pierre Cordelier
Avec la participation de Arte France
© Kuiv Productions 1999
LE MESSIE
Tout le monde connaît l’oratorio de Haendel, ici on découvre le Messie de William Klein.
L’oratorio est une institution aux Etats-Unis, où innombrables sont les choeurs qui le chantent. La caméra de Klein va les chercher partout, dans les lieux les plus improbables : à Times Square, où se réunit le choeur homosexuel et multiracial de NY, dans une prison de Sugarland, Texas, où les prisonniers entonnent « Un enfant est né, un fils nous est donné », ou encore à Las Vegas, au milieu du nulle part des salles de jeux.
C’est ensuite une manière de visiter le monde, notre monde en cette fin du XXème siècle. C’est une société pétrie de religion que montre Klein, explorateur des multiples territoires de la foi, de ses grands et petits commerces.
Où l’on se surprend à penser à la prédiction d’André Malraux : le XXIème siècle sera religieux ou ne sera pas…
Les plans sont somptueux. On entre de plein pied dans l’univers de Haendel et on comprend la force de son texte lorsque l’image, en accéléré, ne nous montre plus qu’une société atomisée vivant à toute vitesse. Au loin, la ville scintille.
De près, la caméra panote pour nous faire découvrir le caractère dévasté des quartiers des laissers pour compte du rêve américain. Splendeur et déshonneur d’un monde qui laisse ses enfants fouiller dans les décharges publiques pour trouver de quoi se nourrir.
– Mais, est-ce ainsi que vivent les hommes ?
– Si Dieu est avec nous, qui peut être contre nous ?
Tout au long du film, le spectateur est convié au jeu des interprétations. Ainsi, le travail d’assemblage d’une voiture en accéléré rappelle qu’ici on travaille encore à la chaîne, alors qu’ailleurs on manifeste contre le chômage et on pleure de misère. La caméra de Klein multiplie les représentations, les situations et les associations libres tandis que la musique suit sa partition sous la baguette divine de Marc Minkowsky.
Désormais, il sera difficile d’écouter l’oratorio sans y voir les grandeurs et décadences de notre siècle…
/ presse
:: La turbulence des images scande impeccablement le tourbillon des voix, les brouillements des rythmes de Haendel, dont Minkowski, survolte la joie. Klein nous rappelle son premier métier, photographe. Rarement visages de chanteurs ont avoué d’aussi près leur concentration, leur envoûtement, jusqu’à la dépossession de soi-même, par l’émotion musicale. Et la passion du Christ nous bouleverse. Le Messie accomplit encore des miracles. Télérama
:: Magnifiquement humain. Le cinéaste réussit à glorifier l’homme tout en mettant en lumière l’isolement la désolation, la folie du fanatisme, la perdition dans les villes… Le Point
:: L’œuvre est sombre, mais pleine d’une pudique humanité. On a souvent la gorge nouée, le cœur serré. La Croix
/ générique
Un film de William Klein
Produit par Michel Rotman et Marie Hélène Ranc
Photographies William Klein, Jacques Brissot
Musique Le Messie de Haendel
Interprétée par Les Musiciens du Louvre
Direction musicale Marc Minkowski
Image William Klein, Francine Filatriau, Pascal Marti
Montage image Françoise Arnaud, Frédéric Attal
Montage son Frédéric Attal
Montage musique Deutsch Grammophon
Avec la participation de Canal+
© Kuiv Productions 1999



